OUARZAZATE – ZAGORA ET LE DESERT
A quatre heures de voiture de Marrakech, après 204 kilomètres d’une route ravinée mais superbe empruntant le col du Tichka, la bourgade de Ouarzazate – 40 000 habitants- est essentiellement une création touristique sans grand intérêt en tant que telle. Le long d’une rue principale s’égrènent restaurants et hôtels. Après trois ou quatre jours de pierraille ou de désert, le luxe serein des grands hotels et de leur piscine ne se boude pas. La journée de farniente pourra être coupée par une visite de la Khasbah locale, dont la visite ne prendra pas plus d’une heure en se hâtant lentement.
Pour autant, Ouarzazate ne
vaut surtout que lorsqu’elle constitue la base départ d’excursions
fabuleuses.
A l’origine peuplée de paysans berbères sédentarisés, la région de
Ouarzazate accueillit ensuite des Maliens, des Mauritaniens et des Juifs. Mais
c’est avec l’arrivée dans la région des Omeyyades de Syrie, menée par le
chef arabe Sidi Oqba Ben Nafi en 681, qui répand l’Islam au Maroc que la
contrée se développe. Cette religion est accueillie avec une ferveur
croissante dès le début du XIIIème siècle. Sous la dynastie Idrisside, la région
noua des liens commerciaux avec la rayonnante Sijilmassa, dont il ne reste
aujourd’hui que des ruines à 500 mètres de la sortie de Rissani.
De retour de La Mecque en 1035, un des chef
Lemtouna, Yahia Ibn Omar, fit appel à Abdallah Ibn Yassine pour introduire
l’Islam dans les tribus. Treize ans plus tard, ce dernier fonda un ribat (
monastère forteresse) dans une île au large de Saint Louis du Sénégal où il
professait l’Islam selon la stricte doctrine malékite. De son sanctuaire, Ibn
Yassine leva parmi les Berbères nouvellement convertis une armée de moines
guerriers – les Mourabitoun ( ceux du ribat) pour convertir par la guerre
sainte –la Jihad– tous les incroyants. Dans cet état d’esprit, mais également
attirés par l’or de Guinée qui transitait par une oasis plus tard appelée
Marrakech, les mourabitoun montèrent vers le Nord et déferlèrent en 1053 sur
le Sud du Maghreb en exterminant les Berbères hérétiques Berghouatas de
Sijilmassa. Abou Baker succèda à Ibn Yassine, mort au combat, et poursuivit sa
route jusqu’à Taroudant et la plaine du Souss, puis vers Marrakech et
Ouarzazate où il fit souche.
La ville devint, pendant les siècles qui suivirent,
une étape importante pour les convois caravaniers traversant le Sahara.
Seul survivant de sang royal de la bataille des Trois
rois, Ahmed El Mansour, «Le Victorieux » ou « Le Doré » fit
de Ouarzazate le point de départ de sa légendaire expédition de conquête
vers le Soudan en 1590.
Plusieurs centres d’intérêt à proximité immédiate
de Ouarzazate.
- Les trois Khasbahs de Taourirt et Aït Benhaddou et de Tamgaght.
Celle de
Taourirt est à proximité immédiate de Ouarzazate, sur la route de Tineghir en
face du Club Méditerranée. Entrée payante dans une des nombreuses ex résidences
du Glaoui de Marrakech. L’ensemble forme un village fortifié, à
l’architecture de toute beauté, desservi par des ruelles. Comme à Telouet,
on peut visiter 2 ou 3 des anciennes pièces privatives du Pacha. Malgré des
efforts de réhabilitation, cette immense Khasbah contruite à 3 époques -
XVIIIème, XIXème et XXème siècle se dégrade.
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ZAGORA
Une légende arabe prétend qu’autrefois, à l’origine des temps, la Terre était un immense jardin peuplé de grands palmiers, de jasmins et de rossignols dont le chant suave inondait le paysage verdoyant de merveilleuses mélodies. A cette époque, tous les hommes étaient francs et loyaux, à tel point que le mot « mensonge » n’existait pas. Mais un jour, un homme ou une femme proféra un tout petit mensonge, insignifiant, mais un mensonge quand même, et le prodige prit fin. Allah réunit les hommes et leur dit : « chaque fois que vous mentirez, je jetterai un grain de sable sur le monde » Les hommes haussèrent les épaules : « un grain de sable ? On ne le voit même pas ». Et pourtant, de mensonge en mensonge, petit à petit, le Sahara s’est formé.