ESSAOUIRA

( Anciennement Thamusida, Amogdul, Mogdoura, Mogadour, Mogador..)

Port vieux de près de 3000 ans, les Phéniciens en firent au XIIIème siècle avant J.C. une escale lors de leurs expéditions aventureuses vers l’Afrique noire. Au XIIème siècle avant notre ère, Essaouira devint un comptoir carthaginois. Essaouira connut néanmoins son essor avec la conquête romaine au 1er siècle après Jésus Christ lorsqu’elle devint un des principaux centres de fabrication de la pourpre de l’empire romain. Ce colorant rouge vif était extrait de certains mollusques, les murex, abondants dans ces eaux. Sous le règne de Juba II, le fondateur de Volubilis, les îles qui font face à Essaouira devinrent les îles Purpuraires en même temps que la pointe extrême de l’empire romain.

Au cours des siècles qui suivirent, l’importance d’Essaouira ne cessa de croître. Les Berbères cédèrent leur cité aux Portugais au début du XVème siècle. Ce n’est qu’au XVIIème que les Portugais vinrent s’installer en nombre. C’est pourtant à l’Alaouite Sidi Mohamed Ben Abdallah (voir page Histoire) que l’on doit l’essentiel de l’essor de la cité. En 1764, le souverain décide de développer Essaouira pour contrer l’influence d’Agadir qui se refuse à reconnaître son autorité. Il convainc un prisonnier français, Théodore Cornut, élève de Vauban, de dessiner la ville en échange de sa libération. La ville est construite de façon restiligne avec des rues et artères se coupant à angle droit et dotée de fortifications ressemblant à celles de Saint Malo. Pour donner une âme à cette ville, Abdallah ordonne à tous les Européens établis à Casa, Salé, Tanger et Agadir, mais aussi aux plus riches des familles marocaines, de venir s’établir à Essaouira. Cette ville devient alors non seulement la capitale diplomatique du Maroc, mais se transforme en une cité fastueuse et un centre économique d’échange avec l’Europe et l’Afrique. Pendant 150 ans, 40% des échanges maritimes marocains se feront par ce port. Jusqu’au début du siècle Essaouira constituait quasiment le seul port ouvert au commerce extérieur avant de laisser sa place à Casablanca et Agadir au début du protectorat par la volonté du général Lyautey.

La volonté du Gouverneur Général en 1912 de renforcer Casa et Agadir au détriment d’Essaouira, puis le départ au moment de l’indépendance en 1956 de l’importante communauté industrieuse, notamment bijoutiers et orfèvres, et commerciale juive - qui représenta jusqu’à 17000 habitants pour une population totale de 30000 âmes – furent les deux causes du retour d’Essaouira à une douce torpeur, seulement troublée par la vague hippie de 1968-1970.

 

Essaouira mérite une excursion d'un jour depuis Marrakech, voire d'y passer 1 ou 2 nuits avec plusieurs centres d’intérêt qui nous incitent à vous conseiller d’inscrire cette étape dans votre périple marocain:

- sa forteresse portuaire et ses canons pointés vers le large,
- son port et son chantier naval du XVIIIème siècle, ou s'activent toujours des menuisiers de marine qui travaillent comme il y a 200 ans;
- sa ville nouvelle (celle de Cornut) et sa médina portugaise,
- la qualité de ses artisans bijoutiers, ébénistes ( merveilleux meubles et objets en racine de thuya ou bois de citronier) et maroquiniers,
- ses galeries d’artistes peintres et de créateurs,
- la réserve ornothologique des îles Purpuraires, visitable avec un pêcheur sur autorisation préalable,
- sa fréquentation touristique mesurée, même si un nouvel aéroport ouvert en 1999 a modifié la sitation antérieure,
- ses gargottes qui servent du poisson sorti de l’eau une heure plus tôt, les prix inscrites à la craie sont quand même à négocier,
- et surtout son climat agréable: 25% lorsque règne la canicule et ses 40% ou plus à Marrakech.

Essaouira est un paradis pour les amoureux de la planche à voile.

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